Retour page précédente

Résumé séquencé du roman : Moi, Marcion…
ou les fondements de l'antijudaïsme chrétien.

1ère partie : Athènes, été 135.
Les bases du système antijudaïque

Ch 01 - La chute de Jérusalem en 135   
- Le jeune général Maximus Valérius, passe en revue ses troupes avant une bataille contre les juifs aux portes de Jérusalem.
- La bataille s'engage, les romains écrasent les juifs, crucifient pour l'exemple une partie des prisonniers sur les branches des arbres en lisière de forêt, et exterminent les autres comme le souhaite l'Empereur. " Pas de quartier pour les fauteurs de troubles. "
- Les troupes victorieuses rejoignent alors Jérusalem et les centurions qui l'assiègent, afin de participer à sa chute.
- Maximus et ses amis de l'état-major se félicitent de cette victoire, sur fond de ville en feu et de soldatesque en furie qui vole, viole et pille.

Ch 02 - Fête pour le baptême du fils d'Hertius   
- Une grande fête dans les jardins d'une superbe villa des hauteurs d'Athènes.
- Sibélius salue les uns et les autres dans l'attente de l'arrivée de Marcion, le maître de séant, qui organise la fête pour son neveu.
- Sibélius croise Hertius, son ennemi personnel, le neveu de Marcion, qui veut sa place comme administrateur de l'entreprise d'armement de navire de commerce de son oncle. Contre mauvaise fortune bon cœur, Hertius lui présente son dernier né... que Sibélius sait être son fils car il est l'amant de Sirmione la femme d'Hertius.
- Femme qu'il retrouve aux écuries pour une étreinte brutale et rapide. Ils manquent se faire surprendre par l'un des gardes du corps d'Hertius.
- Puis Marcion arrive, salue la foule des invités et se lance dans un discours comme il les aime, où il mêle actualité et histoire. Il félicite son neveu pour le baptême chrétien de son fils Aristote, puis rappelle à tous l'histoire de sa famille. Des armateurs qui, partis de la mer Noire, couvrent maintenant de leurs activités l'ensemble des ports de l'Empire romain. Puis il aborde la question du christianisme en rappelant l'histoire de Paul de Tarse, celui qui convertit son père du paganisme à Jésus-Christ, puis qui le nomma évêque de Sinope avec pour mission de faire vivre les communautés de chrétiens nouvellement créées. Il souhaite à tous un bel avenir chrétien et se joint au banquet.

Ch 03 - La mission à Sibélius  
- Marcion reçoit dans son bureau Sibélius, son principal collaborateur. Il le questionne sur son engagement religieux, ce qui ne manque pas de l'étonner. Il lui apprend alors qu'il veut s'engager en christianisme. À cet effet il a prit contact avec les Pères de l'Église à Rome et, après leur avoir fait le don de son poids en or pour la cause, il a obtenu, comme son père, sa nomination comme évêque. Mais avec une particularité ! Son diocèse sera la somme des ports ou son entreprise a un comptoir, et qu'il sera sous la responsabilité directe de Télesphore 1er , l'actuel évêque de Rome. Il souhaite que Sibélius l'accompagne dans cette aventure pour ses capacités exceptionnelles à organiser des structures complexes.
- Sibélius refuse car il ne voit pas en quoi il peut aider une organisation religieuse, lui dont la croyance est superficielle. Marcion explique que pour développer l'église on lui a demandé de s'impliquer lourdement au niveau financier afin de créer des bâtiments et prendre en charge les plus pauvres qui sont les plus nombreux parmi les nouveaux convertis. Cette structure devra être sans faille pour rester discrète par rapport à l'administration romaine qui n'aime pas les sectes, même judéo-chrétienne.
- Marcion lui annonce alors qu'il a de grands projets pour lui et qu'il l'aidera financièrement à être Sénateur à Rome dans les dix ans d'ici, ce qui laisse Sibélius pantois. Ainsi par son entremise, il aura un pied dans les rouages de l'état et lui-même sera au cœur de l'église… à Rome où ils partiront sous peu. L'administration de l'entreprise sera confiée à son neveu Hertius. Sibélius refuse énergiquement cet état de fait. Marcion lui explique que c'est une proposition qu'il ne peut refuser… compte tenu du prix qu'il le paiera pour cette mission.
- Puis Marcion complète ses explications en expliquant, qu'en plus d'être une prélature personnelle du pape, il deviendra l'éditeur des Livres Sacrés chrétiens qu'il nomme Nouveau Testament par rapport à la Bible hébraïque qu'il nomme Ancien Testament. Il éditera les épîtres de Paul, l'évangile de Luc, et des textes sur le Christ qu'il écrira lui-même.
- Enfin il se laisse aller à des propos violents contre les juifs. Sibélius s'en étonne. Marcion lui explique que pour exister, les chrétiens devront s'émanciper des juifs même en prenant le risque de passer pour une secte. Sibélius déstabilisé par cet amoncellement de nouvelles reste sceptique sur la vision à long terme de Marcion.

Ch 04 - Marcion éditeur   
- Marcion va chez un copiste dont il connaît l'engagement chrétien, pour passer une commande de documents. Maître Parchos le reçoit aimablement dans ses ateliers et lui commente les qualités de ses prestations, et le service qu'il offre.
- Marcion lui annonce qu'il veut des copies par grosses quantités de textes religieux chrétien. Parchos et son épouse, partie prenante de l'entreprise, sont emballés par l'aventure qui commence.

Ch 05 - Un prêche de Marcion : Le christianisme et l'histoire  
- Dans un grand entrepôt du port du Pirée, Marcion fait un prêche.
- La salle est noyautée par ses agitateurs qui contrôlent en les stimulants, les émotions de la foule. Il parle de la façon d'appréhender le Divin en Extrême-Orient, de leur fatalisme induit par leur approche cyclique et donc de la mythologie qui remplace l'histoire.
- Il explique que pour les romains une religion ne peut être licite que si elle est historique. C'est pourquoi ils considèrent le judaïsme comme licite, alors que le christianisme ne l'est pas, parce que ces textes inclus dans le Nouveau Testament sont récents… ce qui implique qu'il leur faut être des juifs d'obédience chrétienne, quand ils auraient aimé se singulariser et voler de leurs propres ailes.
- Pour inciter les chrétiens à se désolidariser des juifs, il excite ses ouailles contre eux en les déclarant barbares avec la circoncision, leurs interdits alimentaires, leurs rites permanents de purification, leur rejet des non juifs.
- Il va plus loin encore en les excitants avec le récit d'une crucifixion à laquelle il ne croit pas, mais qui sert sa cause comme repoussoir des juifs. Puis il leur vante ses nouveaux documents de prière qu'il fait distribuer aux chefs de culte.
- Comme chaque fois il finit son prêche en stigmatisant les juifs.
- Il quitte la salle avec ses gardes du corps et Sibélius. Ils vont fêter ce prêche réussi dans une auberge. Marcion explique qu'il leur faut de beaux textes pour lutter contre ceux des juifs. Il décide de rechercher tout ce qui s'écrit ou se raconte sur Jésus et la Sainte Famille, même s'il ne croit pas à une généalogie, afin de contrôler ce qui se fait, et rester maître du jeu en produisant lui-même les textes nécessaires. Plus tard, quand le christianisme sera établi, alors il rétablira la vérité. Dans l'immédiat il a besoin de tous les supports possibles pour exalter la Foi en Christ.

Ch 06 - Mise en place de la première tournée de distribution des évangiles   
- Marcion et Sibélius contrôlent des caisses de documents livrés par Parchos. Il s'agit des codex contenants les épîtres de Paul de Tarse.
- Ensemble ils construisent des fiches de procédures à l'usage des chefs d'église pour bien utiliser les documents et surtout récupérer en échange les textes qui circulent, mais qui ne sont pas sous contrôle. Ils préconisent de ne pas hésiter à employer la coercition si nécessaire.
- Puis ils décident, à titre de test, de préparer un tour de la mer Égée pour distribuer eux-mêmes, dans les ports où ils ont des comptoirs, les documents et les fonds nécessaires aux églises à créer. Ils élaborent un système de contrôle des fonds et les explications de rétorsion brutale en cas de manquement aux règles de l'honnêteté.

Ch 07 - Les bases du système antijudaïque  
- Réunion dans la splendide villa de Marcion sur les hauteurs d'Athènes, entre lui, Sibélius et son neveu Hertius.
- Marcion explique qu'ils sont là pour structurer la nouvelle organisation chrétienne.
- Il charge Sibélius de la mise en place de réseaux financiers occultes, de noyauter les universités où il a encore beaucoup d'amis dans les amicales, et il l'incite, dès qu'ils seront dans quelques mois à Rome, à se mettre en contact avec le personnel politique afin de favoriser sa future élection au Sénat. Il l'incite à mener la grande vie avec sa femme comme doivent le faire les futurs sénateurs. Il pourvoira aux fonds nécessaires.
- Hertius ricane. Lui est chargé de gérer la boîte avec tous les soucis que cela implique pendant que les autres " s'amuseront " à Rome. Le ton monte vite avec Sibélius et ils en viennent presque aux mains sur des questions de travail.
- Marcion définit quel sera son rôle au sein de l'église de Rome, auprès du chef des chrétiens. Il espère les convaincre de rejeter les textes hébraïques, de rester sur les évangiles consacrés à Jésus-Christ et d'oser affronter la police des religions pour s'affirmer comme chrétien et rien de plus. Puis il explique qu'il va déverser tellement de subsides aux Pères de l'Église qu'ils ne pourront plus s'en passer et seront alors à sa main.
- Hertius s'étonne de cette volonté d'entrer en religion de Marcion, quand faire des affaires et des dons généreux est tellement plus simple. D'autant qu'il n'est spécialement croyant et qu'il trouve que les chrétiens n'existent que par la volonté de Paul.
- Marcion lui confirme qu'il a raison, mais que c'est sa découverte de sa Foi qui l'emmène là où il va et cela sera ainsi. Puis il se lance dans une tirade contre les juifs. Sibélius choqué, lui demande les raisons de cette animosité qu'il ne lui a jamais connue auparavant. Marcion dit ne rien avoir contre les juifs mais qu'il ne peut obliger l'église à les quitter sans passer par la caricature. C'est triste, mais c'est comme cela que cela sera. Hertius trouve l'idée de s'en prendre aux juifs particulièrement jouissive et il fera en sorte avec ses hommes de main de les asticoter autant qu'il le pourra. Enfin Marcion fait un cours d'histoire sur sa perception de la vie de Jésus et il explique pourquoi il faut rejeter les juifs. D'après lui tout ce qu'ils racontent dans leur Bible n'est que fantasme et détournement de l'héritage mondial des mythologies. Rien de plus. Puis il se laisse aller à un antijudaïsme primaire et finit par les déclarer dangereux pour tous.
- Le majordome, Gratios, annonce l'arrivée du copiste Parchos et d'une amie romaine de Marcion, Marcellina. Comme il se fait tard, Marcion invite tout le monde à rester souper.

Ch 08 - Parchos, l'édition des codex et des christophanies   
- Marcellina fait une forte impression sur les hommes par sa détermination et son charme.
- Puis en attendant de commencer le souper Marcion demande à Maître Parchos de détailler comment il fait pour faire reproduire dans ses ateliers, à l'identique, des dessins représentant des scènes de la vie du Christ. Et surtout une Passion particulièrement bien réussie.
- Parchos explique son système de transfert sur le papyrus par un jeu de petits clous plantés aux endroits stratégiques du dessin et des perforations sur une page vierge. Tous d'applaudir à cette ingéniosité qui permet une standardisation des dessins de l'artiste que des copistes ordinaires peuvent reproduire. Ces images sont dites des " christophanies " car le Christ amène par ce dessin un rayon de lumière, et elles sont décrétées idéales pour la conversion des analphabètes qui peuvent avec elles convertir d'autres païens.
- Marcion n'aime pas ces dessins qui représentent un mythe que l'on fait croire comme une réalité. Il convient cependant que ces documents sont parfaitement opérationnels. Il donne officiellement à Parchos le texte de l'Évangile de Luc et lui demande de le lui reproduire en grande quantité.
- Tous prennent l'apéritif puis, sur un signe du majordome Gratios, ils passent à table.
- Un serviteur maladroit déclenche une brutale colère d'Hertius. Il en vient aux mains avec Sibélius qui défend le pauvre bougre.
- Marcion explique sa vision du monde chrétien à venir, sans les juifs qu'il ne peut vraiment pas beaucoup supporter par leur côté obsédé de Dieu.
- Le repas se poursuit sans encombre jusqu'au dessert.

Ch 09 - Des nouvelles de Rome  
- Le repas finit, Marcion convie son amie Marcellina à parler de Rome.
- Elle s'exécute de bonne-grâce et raconte cette ville extraordinaire qu'elle affectionne particulièrement pour tous ses excès.
- Puis elle passe à l'esprit décadent qui lui semble être un moment favorable pour le christianisme naissant. Elle parle des plus riches des riches qui donnent de l'argent pour les plus pauvres des pauvres. Elle raconte la structure de l'église. Elle raconte aussi sa haine des juifs par le fait que son père et deux de ses frères militaires en Palestine sont morts au combat. Elle veut venger sa famille. Elle se dit totalement opposée à l'emploi des livres sacrés juifs. Elle dit exécrer ces juifs qui sont en permanence en train de demander et d'obtenir des dérogations pour pouvoir assumer pleinement leur Foi. Elle souhaite que la croix du christ soit employée comme symbole de leur religion, ce que Marcion refuse trouvant ce signe abominable. Elle annonce qu'elle aidera la mise en place de Marcion et Sibélius dès qu'ils arriveront à Rome.
- Le repas finit ils se quittent et Hertius la raccompagne chez elle. Ils parlent des juifs et de comment les poursuivre de leur haine commune. Puis ils couchent ensemble.

Ch 10 - Marcellina et les militaires   
- Marcion invite Marcellina chez lui à la campagne. Il lui fait visiter son domaine, ses oliveraies, sa vigne, ses caves, ses moulins à huile, puis ils passent à table.
- Marcion à la fin du repas se raconte un peu, parle de son admiration pour Paul, explique le pourquoi de la grécquisation des noms de Yéhoshua-Messiah en Jésus-Christ, puis questionne habilement Marcellina. Elle raconte son combat d'entraide avec les femmes les plus démunies, mais qui sont les meilleures pour faire pénétrer dans le foyer le christianisme.
- Marcion l'amène à parler de ses frères militaires morts pour l'empire à cause des juifs. Elle raconte fréquenter les cercles militaires et aider les handicapés des champs de bataille à survivre. Puis elle a l'idée : noyauter les cercles militaires en prenant en cause que le premier convertit par jésus fut le soldat Corneille. Un signe. C'est par les militaires que passe l'avancée du christianisme.
- Marcion alors déclare mettre à sa disposition de grosses sommes d'argent pour aider les plus démunis des malheureux de l'armée en créant des hospices, en donnant des bourses pour la création de petits commerces en contre partie de leur entrée en christianisme. Elle s'enthousiasme à cette idée qu'elle sent prometteuse pour l'avenir.

Ch 11 - L'évangile historique selon Sibélius   
- Dans le cadre de ses activités, Sibélius retrouve son ami, le général Maximus Valérius, affecté momentanément aux affaires des marchés de l'armée avec les entreprises sous-traitantes. Il sera muté à Rome dans deux mois, au quartier général, et il retrouvera sa femme et ses enfants.
- Après les affaires, Sibélius invite le général à venir prendre un verre à la maison. Volodia, la femme de Sibélius, fait du rentre dedans au jeune militaire ce qui agace Sibélius. Puis ils parlent du christianisme naissant, dont la famille de Valérius fait partie depuis peu. Il demande des éclaircissements à Sibélius.
- Sibélius fait un rappel historique de l'arrivée de Jésus en 30, les histoires de crucifixion auxquels il ne croit pas, l'illumination de Paul sur le chemin de Damas, sa volonté de convertir à cette idée de partage et d'amour entre les hommes, bien plus excitante que le Dieu vengeur et justicier des juifs, la destruction du temple de Jérusalem en 70, la révolte juive et la diaspora en 135.
- Satisfait par toutes ces explications, Maximus part assister à un spectacle de danse donné par une troupe d'Ibères au cercle des officiers.

Ch 12 - Un prêche de Marcion : Confession puis absolution   
- Dans un beau local joliment décoré de choses pieuses, Marcion fait un de ses prêches dont il a le secret. Aujourd'hui il parle de l'absolution des péchés après la confession. Il amuse l'assemblée quand il parle du blablatage du fidèle à son directeur de conscience. Il s'amuse du fait que chacun raconte n'importe quoi de futile pour éviter de parler des choses graves qui fâchent.
- Alors il passe soudain à un langage violent et brutal qui les déstabilise. Il les oblige tous à courber l'échine et à murmurer leurs gros péchés. Péchés qu'il voudra entendre en confession particulière sous peine que le dissimulateur soit frappé par la colère divine.
- Puis il parle de l'acte fornicatoire et de la corruption des esprits par les choses du sexe. Il exige que chacun lors de la confession parle de ses turpitudes, car tous en ont, et il le sait !
- Il conclut en expliquant que c'est seulement après avoir confessé ses vrais péchés, ses vraies turpitudes, que le pénitent pourra être absous.

Ch 13 - Sibélius, les femmes et la religion  
- Pour rejoindre à pied les ateliers de Parchos, Sibélius doit passer par le quartier des tanneurs. Une expérience qu'il ne renouvellera plus tant la puanteur est immonde.
- Arrivé chez les Parchos il fait le point avec eux sur les travaux en cours et l'état des finances. Il passe tout au crible et finit par conclure que tout va pour le mieux.
- Puis ils s'installent dans de confortables fauteuils, sirotent un apéro tout en discutant de christianisme. Sibélius répond aux demandes d'explication de Lydia Parchos sur les origines de sa foi. Il explique qu'il est pour une religion sans fioritures, simple et qui aime les êtres humains.
- Lydia parle du rôle des femmes en général, et dans l'organisation en particulier. Elle vante les qualités féminines. Il n'y a qu'à voir comment elles étaient seules quand Jésus est mort, sans l'aide d'aucun homme, qui tous cherchaient à protéger leur vie.
- Sibélius explique que les religions n'aiment pas les femmes. Qu'elles sont toujours considérées comme les tentatrices, les corruptrices, des perverses. Qu'elles sont l'incarnation du mal au travers de leur sexe qui obsède les hommes. Que les hommes font tout pour les esclavagiser, conseillés par les religieux qui ne les supportent pas libres. Que les religieux ne supportent pas l'intelligence naturelle des femmes.
- Sibélius les quitte en laissant une Lydia abattue par ce qu'il vient de lui raconter.

Ch 14 - Un prêche de Marcion : Rejetons les juifs et la Bible hébraïque   
- La salle est comble. Marcion est tendu car aujourd'hui il va aborder de front le problème des juifs et de leur Bible. Il attaque bille en tête en disant que les juifs sont le mal, qu'ils inspirent la jalousie, donc qu'ils inspirent la haine. Il poursuit avec le peuple déicide qui n'a rien compris à ses propres textes.
- En plaisantant, il propose les juifs comme bouc émissaire. Pour se faire comprendre il détaille ce qu'il considère comme les turpitudes des juifs : Leurs modes de pensée, leurs goûts pour l'exclusion des autres, leur peur de l'impureté, leur sens de leur nation, leur Dieu ravageur parce que trop contraignant, trop dur, trop justicier, jamais satisfait d'eux.
- Il poursuit avec les origines orientales des juifs et occidentales des chrétiens. Que rien ne les rapproche quoi que disent certains. Qu'ils ne sont au pire qu'une belle-famille, une alliance de circonstance. Que tout nous sépare d'eux.
- Il conclut en disant qu'il faut se séparer d'eux et de leurs livres qui contaminent les êtres sains. Il faut les quitter pour ne se consacrer qu'à Christ, qu'à celui qui ne pense qu'à distribuer de l'amour et de la rédemption autour de lui. Le Dieu des chrétiens.
- Il clôt le prêche en rappelant avec force qu'il faut se séparer des juifs, dans l'intérêt de tous, le nôtre et le leur, surtout le leur.

Ch 15 - Corpus Christi   
- Le port du Pirée en pleine activité. Les bateaux en instance de départ. Les bureaux de la compagnie de Marcion. Les marins, les douaniers, les capitaines. Puis les choses se calment et Hertius invite son oncle dans son bureau pour lui confier sa perception de la construction du christianisme.
- Il déclare avoir bâti une fraternité nommée Corpus Christi et dont les buts sont de :
Protéger les intérêts de la maison Marcion et de ses affidés sur l'ensemble du territoire de l'empire. Il va instituer une discipline de fer à ses " Soldats de Dieu " pour une protection parfaite.
Développer le réseau de collecte de fonds auprès des plus riches.
Conforter l'action de Gratios qui a créé une école de formation de personnel de maisons pour les placer dans les plus grandes maisons, et ainsi savoir ce qu'il s'y passe, et se dit, sur les chrétiens.
Installer à Alexandrie et à Antioche des ateliers de copistes dirigés par Parchos.
- Marcion est ravi de cet ensemble de décisions. Il quitte son neveu pour aller accompagner Marcellina qui part vers Rome par le prochain bateau.
- Hertius rejoint des amis à lui dans une taverne. Ils font une partie de dés puis il leur demande de le suivre. Il les amène à côté, dans une grande bâtisse qu'il vient d'acquérir, qui possède de multiples entrées, et aux sous-sols deux tunnels pour une sortie discrète. La bâtisse servira à cacher ceux qui pourraient être en mauvaise posture, et les " Soldats de Dieu " en transit temporaire.
- Il leur dévoile son symbole pour leur fraternité. Un corps de Christ sans croix de support, mais avec des clous dans les mains et les pieds, qui dépassent largement et qui peuvent blesser gravement si on s'en sert comme d'une arme, qu'il réserve aux juifs qu'il veut poursuivre de sa vindicte.
- Il leur demande au moment de se quitter une soumission totale à la famille Marcion et une Foi sans faille au Christ.

Copyright : Xavier Ponte-Corto de septembre 2006