Moi, Marcion...
ou les fondements de l'antijudaïsme chrétien

 
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Mais… c'est qui Marcion ?

L'hérétique absolu   
Chaque fois qu'il m'a été donné de parler de Marcion pendant l'écriture de mon texte, la question inévitable de mes interlocuteurs était : Mais… c'est qui Marcion ? Et chaque fois j'étais amené à répondre : Bonne question, et pourquoi est-il systématiquement " oublié " par les théologiens chrétiens et juifs, quand ils abordent l'antijudaïsme ambiant alors qu'il fut :
- le premier banquier de l'histoire chrétienne de 135 à 144,
- la prélature personnelle de Télesphore 1er, Higin 1er, puis de Pie 1er, comme l'est l'Opus Dei aujourd'hui, depuis Jean-Paul II,
- l'inventeur des concepts d'Ancien et de Nouveau Testament,
- le premier évêque à vouloir que l'Église de Rome se sépare définitivement des Textes Juifs (Ancien testament), pour ne plus posséder que le Canon Chrétien (Nouveau Testament), et ainsi ne rien devoir à la culture juive ce qui, d'après lui, éviterait de funestes conséquences,
- le premier éditeur " industriel " des Textes Chrétiens composés de son Canon, revu et corrigé de toute référence au judaïsme. On y trouvait l'Apôtre (les épîtres de Paul), l'Evangélion (l'évangile de Luc), et les Antithèses (textes et sermons antijudaïques qu'il développera après son éviction de l'église en 144, et que l'église fit systématiquement détruire au 5ème siècle),
- le premier véritable " antijudaïque ", avec à partir de 144, la mise en place par sa secte sur l'ensemble de l'Empire romain, d'un néfaste système de pensée qui répandit un antijudaïsme haineux sur l'ensemble de l'Empire, système de pensée qui perdure toujours,
- le premier hérétique pour Gnosticisme de l'histoire de l'Église.

Marcion, au delà de 144, défendait trois idées :  
1- il préconisait le dualisme : un " Bon-Dieu ", le père de Jésus, expression toujours employée par les chrétiens, et un Dieu-Justicier avant 144, un Dieu-Mauvais après 144, celui des Juifs, la face obscure du monde et des hommes, qu'il fallait combattre,
2- il ne concevait Jésus que " pur esprit " donc mythologique, merveilleux, sans généalogie ni crucifixion,
3- il ne voulait que des Textes Sacrés dédiés au seul Jésus-Christ, les Évangiles, sans aucune référence à la tradition juive qui n'appartient qu'aux juifs, et à sens caché révélable seulement aux initiés, aux inspirés par Dieu.

La mémoire effacée   
On peut se poser la question du pourquoi de ce silence absolu fait autour de Marcion par les théologiens chrétiens et juifs quand l'on sait que :
- pendant les 2ème et 3ème siècle il y eut plus de marcionites que de chrétiens, ce qui n'est pas rien, et que leur antijudaïsme était d'une violence extrême,
- le marcionisme ne fut réprimé qu'au 5ème siècle,
- il s'assoupit alors pour réapparaître au 8ème siècle en Espagne et dans le sud de la France à la suite de l'invasion des musulmans venants d'Afrique,
- encore un sommeil de quelques siècles pour resurgir en 1096 lors de la première croisade ou ses adeptes, avec d'autres, firent un massacre de juifs le long des rives du Rhin et du Danube.
- il réapparaît en 1920 en Allemagne, avec le " Marcion " du théologien Adolf Von Harnack, en pleine montée du nazisme et de l'antisémitisme.
Marcion, est-il une " tache " qu'il faut refouler dans l'inconscient collectif des chrétiens, effacer de la mémoire de l'Église de Rome ?

Mes motivations   
Voilà les interrogations qui m'ont amené à écrire ce roman. Interrogations induites par la question d'une amie juive, me demandant le pourquoi de cette vague d'antisémitisme en France, en 2002-2003, et mon incapacité à répondre avec clarté à cette question.
Voulant comprendre et sortir des traditionnelles réponses langue de bois, j'ai découvert Marcion, connu de tous, mais considéré par les théologiens catholiques comme l'horreur absolue, comme l'hérétique dont le seul nom ne devait pas être énoncé, et dont l'Église de Rome a tout organisé pour faire disparaître les traces. J'ai trouvé que tous ces éléments faisaient une bonne base pour un roman sur le christianisme primitif.

Le pitch   
Pour décrire ce vénéneux personnage du christianisme primitif, j'ai opté pour le mode du roman et j'ai choisi les deux périodes les plus fortes de sa vie, qui depuis lors conditionnent celles des chrétiens et des juifs.
- La première couvre l'été 135 ou Marcion, armateur puissant et riche, obtient de l'Église de Rome, contre une forte rétribution, sa prélature personnelle et son autorisation à devenir éditeur des Textes Chrétiens. Avec ses collaborateurs, ses amis, sa famille et sa fortune, il commence à structurer l'Église pour lui faire atteindre le but qu'il s'est fixé, abandonner le judaïsme et sa Bible Hébraïque, pour ne se concentrer que sur Jésus et le Nouveau Testament.
- La seconde partie du roman se situe à la mi-juillet 144, date du concile qui l'écouta attentivement puis qui refusa de le suivre dans son délire antijudaïque. Après ce procès perdu, il quitta la Grande Eglise pour s'introniser chef de sa secte chrétienne intégriste et fanatique, le marcionisme.

Bonne lecture à vous
Xavier Ponte-Corto
xavier-pc@wanadoo.fr     

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