Moi, Marcion...
ou les fondements de l'antijudaïsme chrétien

 
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Chronologie de la vie de Marcion
et du marcionisme


55 - Le père de Marcion évêque de Sinope   
Ce constructeur de bateaux, est un Craignant-Dieu qui est convertit cette année-là au christianisme par Paul de Tarse. Il le nomme évêque de Sinope et lui confie la mission de faire vivre financièrement toutes les communautés qu'il a créé au Moyen-Orient et en Grèce.

65 - Mort de Paul de Tarse à Rome   
C'est le premier auteur connu de lettres chrétiennes aux Églises, écrites en grec.
Ses lettres se voulaient un moyen d'évangélisation par une lecture publique de l'officiant aux fidèles ou aux impétrants païens ou Craignants-Dieu. Elles seront la base de la théologie chrétienne.
Paul ne connaissait qu'un évangile, celui de " Christ ", qu'il ne connut pas personnellement, mais dont il eut la révélation sur le chemin de Damas en l'an 36.
Bien que juif, il rejetait la circoncision, le sabbat et les interdits alimentaires, parce que ces pratiques heurtaient les païens et étaient un obstacle infranchissable pour les conversions en masse.

La conviction de Paul était :   
- Que le Christ apporte le salut et l'amour à tous, inspiré par Dieu.
- Que le Christ est Dieu fait Homme pour être semblable aux hommes et pouvoir les convaincre qu'il est leur sauveur.
- Que les hommes doivent lui adresser leurs prières et leur culte par des psaumes, hymnes et chants spirituels car il est une image du Dieu invisible.
- Que la connaissance (Gnose) doit être apportée en fonction de l'auditoire, ou mieux, de l'auditeur, selon son degré de science et de sagesse. En résumé, faire très simple et schématique pour les frustres, sophistiqué pour les autres.
- Qu'il n'existe que " Christ " (traduction grecque de l'araméen Messiah, Le Messie) entité spirituelle, par rapport à " Jésus " (traduction grecque de l'araméen Yehoshua, Le Sauveur) entité humaine.
- Que la Croix du Christ doit être glorifiée comme céleste, mythologique et symbolique du monde crucifié par le mal, ce poison qui est au fond de tous les hommes non initiés.
- Que la Foi en la Croix du Christ supplante la Loi de Moïse.
- Enfin, et c'est essentiel pour la suite des événements, sa conviction était que la lecture des Écritures des juifs, la Loi des juifs, ne devait en aucun cas faire partie du culte et des prières.

Les " synagogues de Satan "   
Les Églises (du grec Ekklesia, assemblée) de Paul de Tarse, furent baptisées par les juifs-chrétiens circoncis pratiquant le sabbat et les interdits alimentaires, comme les " synagogues de Satan " tant commençait à naître l'antagonisme entre juifs-chrétiens Orientaux et juifs-chrétiens Occidentaux.

85 - Marcion naît à Sinope, port de la mer Noire   
Son père et ses oncles sont devenus des armateurs puissants et riches dont les activités s'étendent de l'Asie-Mineure à la Grèce.

105 - Mort du père de Marcion   
Lors d'un incendie qui ravage la ville de Sinope, il perd presque toute sa famille. Il hérite à 20 ans de son père et de ses oncles l'entreprise d'armement de navires de commerce.

105 / 130 - Pendant 25 ans homme d'affaires très riche   
Ses activités couvrent l'ensemble de l'Empire Romain.
Il suit comme leur ombre les corps expéditionnaires pour leur assurer la logistique maritime.
Il voyage dans tout l'empire. Il consacre tous ses loisirs à la philosophie.
Est stoïcien puis gnostique
Bien que né dans une famille chrétienne, ne se sent au début aucune disposition pour les choses de la religion. Opportuniste en toutes religions pour satisfaire ses affaires.

130 - Marcion entre en religion chrétienne   
- Un ami philosophe le convint dans son dernier souffle que l'avenir appartient aux chrétiens parce que cette religion a un Dieu fait de bonté et de charité. Sa pensée religieuse évolue lentement entre 130 et 135. C'est le moment de ce qu'il appelle " Ma découverte de Dieu. "
- Il prend en charge financièrement les communautés d'Asie Mineure et de Grèce fondées par Paul et reprisent en main par son père. Il redécouvre les textes de Paul et devient un Paulinien convaincu, Paulinisme qu'il pratiquera de façon de plus en plus féroce jusqu'à la fin de ses jours avec un antijudaïsme brutal, de plus en plus virulent et violent à la fin de sa vie.
- Il fonde dans chaque port où ses bateaux pratiquent le commerce, de petites communautés d'idées et de réflexion chrétienne, plus que des communautés religieuses.

133 - Un lobbyste acharné   
Lors d'un voyage à Rome, il contacte les Pères de l'Église et décide de consacrer plus de temps à la religion. Il s'entoure de penseurs chrétiens. Il lit et centralise tous les textes produits par la communauté chrétienne. Il communique par courrier de façon intense avec les Pères de l'Église à Rome pour être nommé évêque. Il cherche à convaincre de la force de sa Foi et de sa volonté de convertir partout où il le pourra dès qu'il lâchera ses affaires. Il reste discret sur sa religion avec ses clients pour protéger ses affaires qui dépendent pour beaucoup de l'armée et de l'administration romaine qui n'aiment pas beaucoup les sectes comme les judéo-chrétiens, ni les juifs contre qui ils combattent.

134 - La guerre fait rage en Palestine contre les juifs   
- L'antijudaïsme ambiant est fort dans tout l'Empire du fait de cette guerre meurtrière. C'est le moment d'entrer en religion de façon définitive pense Marcion car la situation lui semble favorable pour entreprendre le prosélytisme en le basant discrètement sur l'antijudaïsme.
- Il reprend contact avec Rome qu'il ne réussit toujours pas à convaincre avec ses théories extrémistes. Alors il les soudoie avec sa puissance financière car il est le seul richissime Judéo-Chrétien à cette époque, et l'Église du moment est dans le besoin financier du fait de l'explosion du nombre de convertis qui sont dans la majorité les plus pauvres et les plus démunis de l'Empire.
- Les Pères de l'Église se font alors peu regardants sur les théories extrémistes de Marcion car ils sont persuadés que son désir d'être nommé comme son père évêque, est purement honorifique. Ce en quoi ils font une funeste erreur.

135 - Diaspora juive et début de l'antijudaïsme   
- Après la destruction de Jérusalem par les troupes romaines débute la grande diaspora juive imposée par Rome sur la ville sainte uniquement. Mais sans cette ville plus rien ne comptait pour les juifs et la majorité préféra l'exil.
- Développement d'un antijudaïsme violent dans tout l'empire colporté par l'armée qui a beaucoup souffert en Palestine.
- Des sources donnent 100.000 soldats romains tués en 5 ans, et 4 fois plus de blessés qui resteront gravement handicapés. Ils seront la principale source d'origine militaire d'adeptes marcionites antijudaïques. Début effectif de l'entrée en action chrétienne de Marcion
- Le début de la diaspora juive est l'événement déclencheur pour Marcion.
- Il " achète " son évêché avec comme territoire ses comptoirs à travers l'Empire.
- Il a pour mission de créer des communautés chrétiennes dans tout l'Empire, de mettre à leur disposition l'argent nécessaire pour construire une Église, créer un système social et médical pour les plus démunis, un embryon de système éducatif.
- On lui demande de créer une maison d'édition pour diffuser des ouvrages sur la vie et l'œuvre de Jésus. Il édite de suite un recueil titré " l'Apôtre " qui regroupe 10 lettres de Paul de Tarse qu'il réécrit à sa manière, et " L'Evangélion " qui est aussi une réécriture par ses soins de l'évangile selon Luc. Il explique sa réécriture par le fait qu'il veut rendre ces textes plus attrayants, plus percutants, plus antijudaïsants.

Marcellina   
Romaine de naissance elle sera pour Marcion son poisson pilote dans les communautés chrétiennes à Rome. Son action se situe surtout sur les femmes qui sont la source principale, la porte d'entrée dans les familles à convertir. Elle est profondément antijudaïque car son père et deux de ses frères, tous militaires, sont tués à Jérusalem par les juifs pendant la guerre en Palestine entre 132 et 135.

Ancien et Nouveau Testament
   
C'est le concept qui résume le mieux Marcion. Son idée est la suivante :
- Surnommer par dérision la Bible Hébraïque " Ancien Testament " car pour lui, les juifs sont sur la dernière page de leur Livre, regardent vers leur passé et n'ont comme seul centre d'intérêt qu'eux-mêmes.
- Par opposition les chrétiens sont sur la 1ère page de leur Livre en cours d'écriture, le " Nouveau Testament. " Ils regardent vers le futur, vers l'universalisme. L'avenir leur appartient car leur centre d'intérêt c'est le monde, les Autres.

136 - Marcion éditeur   
- Marcion quitte définitivement les affaires et se consacre uniquement au développement de la foi chrétienne qu'il veut universelle.
- Il développe sa maison d'édition avec des copistes à Athènes, Antioche et Alexandrie.
- Il décide d'échanger ses textes remaniés mais bien présentés, bien reliés, contre tous les originaux de Paul ou de Luc qu'il pourra récupérer et détruire afin que ne circule que sa version des faits. Ses hommes de mains vont faire merveille.
- Il décide de s'appuyer sur l'antijudaïsme pour christianiser. C'est une idée simple et déclinable à l'infini compte tenu de l'environnement socio-politique du moment.

137 - Le nouveau corpus chrétien   
- La base du corpus de son " Nouveau Testament " sera " l'Apôtre " et " l'Evangélion " auquel il ajoutera plus tard les " Antithèses ", recueil violemment antijudaïque.
- Large distribution dans Ses Églises des christophanies, qui sont des dessins sur papyrus censés apporter la " Lumière de Christ ", et sont nécessaires à son antijudaïsme vers les illettrés.
- En tant qu'évêque, il se lance dans une vaste campagne de nomination de diacres, de presbytres et d'évêques pour structurer la communauté en pleine expansion. Tous les nommés sont des hommes forts et à poigne, prédicateurs de talent et imprégnés des idées de Marcion pour lequel ils ont un respect absolu. Ils constitueront la cohorte des futurs prédicateurs marcionites.

138 - Rome   
- Il s'installe définitivement à Rome au sein de la communauté chrétienne dirigeante.
- Il fait la connaissance de Cerdon, arrivé à Rome en 135.
Cerdon était natif de Syrie et défendait les mêmes idées que celles de Marcion, à savoir un Christ rédempteur et un Dieu Bon et Inconnu qui ne pouvait être en aucun cas celui de la Loi et des Prophètes qui lui était Justicier et Connu.
Pour Cerdon comme pour Marcion " Christ " n'était pas né d'une vierge et n'avait qu'une apparence de corps sous le nom de Jésus (Le Sauveur). Il n'y avait de résurrection que de l'âme et non du corps. Cerdon fut un redoutable prédicateur et les débats entre lui et Marcion enrichissaient leur compréhension mutuelle et leur compréhension du monde religieux chrétien.
- Il fait la connaissance du jeune Apelle qui sera son principal disciple par sa force de conviction et ses qualités d'orateur. Plus que tous il répudiait la Loi et les Prophètes. Son antijudaïsme était sans limite. Il vend à Marcion l'idée d'instrumentaliser de petites troupes de théâtre itinérantes en les subventionnant pour diffuser son venin et pratiquer subtilement l'évangélisation de foules incultes, analphabètes et facilement manipulables.
La représentation théâtrale de " La Passion du Christ " sera son fer de lance.

138-142 - Un activisme frénétique   
- Marcion devient à Rome un des ténors de la foi chrétienne. Sa pensée fait école.
- Il fonde à Rome une maison d'édition avec une foule de copistes chargés de produire les nouvelles Écritures dont il veut faire les Canons de l'Église chrétienne.
- Il évangélise sans peine car sa pensée est en phase avec l'environnement.
- Il impose les femmes dans la hiérarchie de ses Églises. Elles peuvent baptiser. Cet aspect novateur amène à lui une multitude de femmes qui seront des prédicatrices redoutables.
- Il admet au culte les païens " curieux " de cette nouvelle religion car il pense que c'est la meilleure façon d'être ouvert, de plaire et de séduire si on veut évangéliser, ceci au grand dam des catéchumènes traditionalistes qui de plus réprouvent les rites orientaux pratiqués dans les Églises de Marcion en Égypte, principalement à Alexandrie, en décalage avec les rites Occidentaux romains. Mais comme il est le seul vrai banquier de l'Église, aucun ne se permet de critiquer ouvertement ces comportements.

143-144 - L'éviction de la Grande Église   
Il bascule lentement dans sa théorie du double Dieu, un bon, celui des chrétiens fait d'amour et de prévenance et un mauvais, celui des juifs, fait de méchanceté, de dureté.
Il devient intégriste de ses rites et coutumes puis impose à ses dignitaires l'abstinence sexuelle et le célibat car pour Marcion le mariage d'un religieux se fait avec le Christ et rien d'autre.
Il quitte le monothéisme pour sa théorie du dualisme.
Il provoque un rude combat entre partisans des 2 théories et perd la partie. Contraint et forcé il quitte la communauté chrétienne pour fonder à Rome le marcionisme.
La légende dit que l'Église Chrétienne déboursa une somme considérable pour qu'il parte vite et pour ne plus avoir vis-à-vis de lui de dettes en suspens.

145-165 - L'expansion de l'antijudaïsme chrétien   
Il parcourt l'Empire pour prêcher sa conception de la religion chrétienne.
Vers 155 son influence s'étend sur tout l'Empire, et son poison antijudaïque se répand à vive allure. En 165 ses détracteurs admettent que sa pensée pernicieuse du dualisme et de l'antijudaïsme " emplissait l'univers " ce qui était loin d'être le cas pour l'Église traditionnelle.
Le marcionisme devient un vrai danger pour l'église romaine car son système de prédication très manichéen et l'utilisation du bouc émissaire juif pour se défausser de ses propres dérives séduit si fort que les conversions de chrétiens vers cette obédience deviennent une vraie hémorragie pour l'Église de Rome.

165 - Mort de Marcion   
Il meurt à Rome où il laisse une église marcionite fortement structurée car elle reprend une partie de son ancien réseau sur l'Empire. Mais en perdant son banquier et son penseur le marcionisme déclinera inéluctablement. Surtout pour le fait que sur la fin de sa vie Marcion voulait imposer à tous ses adeptes, quels qu'ils soient, le célibat et l'abstinence... au grand soulagement de l'église romaine qui à partir de ce moment fera tout pour effacer la moindre trace de son passage en son sein et éradiquer le poison antijudaïque déversé par Marcion de Sinope.

200 - L'hérétique absolu   
L'Église le classe comme un dangereux hérétique gnostique c'est à dire croyant posséder une connaissance des réalités divines de nature religieuse et ésotérique, supérieure à celle des simples croyants et donnant accès au salut.
- À ses adeptes, le gnosticisme promettait une connaissance secrète du royaume divin et enseignait que dans l'univers matériel qui nous entoure tout est la proie du mal par le fait du Dieu de l'Ancien Testament, le Dieu des juifs, qui est emprisonné dans le corps humain.
- Réveillé par la connaissance, l'élément divin de l'humanité peut retourner vers ce qui est sa place normale, le royaume céleste transcendant et le Dieu bon et généreux des chrétiens du Nouveau Testament.

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